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Et maintenant, on fait quoi ?

Samedi matin, je partageais sur ma page Facebook les mots de Maxime de Rostolan.

Notre société sombre, et dans sa chute elle se rompt.
Avant même le naufrage, des parties d’elle s’écharpent.
Chacun, quoi qu’il fasse, ne sera vraiment champion, et compose avec un monde qui lui échappe.

https://www.facebook.com/maxime.derostolan/posts/10158199180118974

(cliquer sur le lien pour lire le texte en entier)

Ce à quoi l'une de mes lectrices a répondu que nous sommes nombreux à partager ce constat et à se sentir impuissants. Alors, que peut-on faire ?

Bien évidemment, il n'y a pas de réponse toute faite. La marche du monde nous échappe. Et l'accepter, c'est déjà un premier pas. Mais il ne s'agit pas de baisser les bras pour autant. Nous avons tous notre rôle à jouer, aussi insignifiant qu'il puisse paraître. Nous pouvons tous faire une différence.

Il n'y a pas de petit geste tout comme il n'y a pas de petite personne. Aussi infime qu'il soit, aussi insignifiant que nous avons le sentiment d'être. Après tout, nous sommes des poussières d'étoiles dans un univers dont nous n'avons pas encore appréhendé les limites.

Et surtout nous n'avons pas le choix : il faut bien vivre ! Alors autant vivre le mieux possible, en ayant conscience des enjeux mais sans que ceux-ci nous paralysent.

 

Et maintenant, on fait quoi ?

Samedi, je suis allée au festival Climax écouter Pablo Servigne et Nicolas Hulot autour des théories de l'effondrement. Pas gai mais indispensable. Ils ont tous deux admis être "un peu paumés" sur la marche à suivre tant la tâche est immense.

Nicolas Hulot a longuement parlé d'un livre, Le bug humain, qui explique que notre cerveau a peu changé depuis l'arrivée d'Homo Sapiens sur Terre et que nous sommes drogués à la dopamine, l'hormone du plaisir. Or notre société actuelle nous bombarde de stimulations et il n'existe pas de boutons "stop" pour nous réfréner. L'auteur explique bien dans sa vidéo de présentation ci-dessous (ça vous donne pas mal d'infos sans lire le livre en entier :)

Tous accros à la dopamine

Heureusement, il existe d'autres façons de produire de la dopamine que la surconsommation et le désir insatiable. Nicolas Hulot en a partagé trois dans le livre : l'altruisme, la connaissance, la sobriété.

J'aime bien cette piste de solutions pour répondre à la question "On fait quoi maintenant ?" parce que c'est à notre portée.

- l'altruisme, donner aux autres, de son temps, de son argent, de son sang... Donner rend heureux. C'est l'un de mes carburants, j'adore aider, dans la mesure de mes possibilités. Et même si je n'attends rien en retour, je reçois toujours énormément. Aider sa famille, ses amis, des voisins ou de parfaits inconnus, c'est semer des petites graines de gentillesse qui permettent de garder l'espoir en l'Humain. On en a vraiment besoin en ce moment.

- la connaissance. Lire, voir des documentaires, écouter des conférences, des podcasts, échanger, débattre, expérimenter. On ne peut plus vivre la tête dans le sable et faire comme si toutes les catastrophes n'existaient pas. Affiner notre réflexion nous aide à grandir... et à vivre !

- la sobriété. Vivre simplement mais pleinement. Arrêter d'acheter des conneries. Réduire, réutiliser, recycler, partager, troquer, prêter. Préférer les liens humains aux biens de consommation. C'est aujourd'hui vital et ça nous préparera à la sobriété forcée qui va forcément arriver, on le voit déjà avec la sécheresse et le rationnement en eau dans certaines de nos régions.

Reconsidérer notre rapport à la mort

Dans nos sociétés occidentales, la mort est tabou. On ne veut pas la voir, on s'insurge quand une personne meurt. On vit comme si on n'allait jamais mourir. Le Dalaï Lama en parle bien :

Ce qui me surprend le plus dans l'humanité ? Les hommes. .. parce qu'ils perdent la santé pour accumuler de l'argent, ensuite, ils perdent leur argent pour recouvrer la santé. Et ils se perdent dans d'anxieuses pensées sur le futur au point de ne plus vivre ni le présent ni le futur. Ils vivent comme s'ils n'allaient jamais mourir. .. et meurent comme s'ils n'avaient jamais vécu.

Notre rapport à l'effondrement est lié à notre rapport à la mort. Oui tout peut s'effondrer tout comme je peux mourir demain. On ne sait pas quand ça va arriver mais c'est inéluctable. Nous en avons parlé lors de ma rencontre avec Pablo Servigne que vous pouvez (re)voir en cliquant ci-dessous.

Les personnes qui souffrent d'éco-anxiété ou, à l'inverse, qui vivent dans le déni en refusant de voir l'état dramatique de notre monde doivent s'interroger sur leur rapport à la mort. Sans parler de religion, je pense que nous avons tout à gagner à mettre plus de spiritualité dans notre vie. Notre monde matérialiste nous angoisse, retrouvons de la sérénité dans la contemplation de la beauté de la nature (pour démarrer).

Agir selon ses valeurs et son moteur : la joie ou la colère.

Nous avons toute une palette d'émotions dans notre vie comme autant de couleurs pour la peindre. Mais pour agir, il y a deux moteurs puissants : la joie et la colère. En choisissant celui qui me pousse, je peux déterminer mes actions. Moi clairement, j'ai choisi la joie, parce que c'est dans ma nature. Alors je vais puiser mes ressources et mon envie d'agir dans ce qui me met en joie : les projets, la créativité, les rencontres, le partage, la transmission. A chacun de trouver son moteur et d'agir en conséquence.

Pour finir sur une note positive, je vous laisse entre les mains de Satish Kumar. Il a plein de réponses aux questions de notre époque, surtout pour ceux qui sont un peu perdus. Puissent ses paroles et son sourire vous apporter un peu de réconfort.

N'hésitez pas à me partager vos pistes de réflexion et d'action pour continuer à vivre dans ce monde en mutation.

Image de couverture https://tatoudi.com/

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Commenter cet article

voyance discount rose 13/03/2020 09:52

Merci pour ces conseils forts intéressants, cela fait vraiment plaisir de tomber sur des articles aussi intéressants que les votre ! Je vous souhaite santé, longévité, succès, bonheur et la paix du cœur.

Albert 10/09/2019 13:48

Merci Camille Choplin il me parle bien ce billet !
Je rejoins bien cette recherche de dopamine hors des centres commerciaux. Pour ma part j'ai identifié en plus des 3 cités :
- jouer, chanter, danser : en un mot créer.
- m'émerveiller, être curieux (il y a un lien avec la connaissance, mais en moins "sérieux" :-) )
- vivre sans attente, dans la beauté du chemin plus que dans l'objectif d'atteindre un but.